Modèles et modélisation en SVT

NOURRIR L'HUMANITE

Les limites du modèle

Cette page a été construite en adaptant à notre application certains éléments des conférences de Jean-Marie LEGAY* et Jean-François COLONNA** (références en bas de page). Elle peut fournir des éléments de discussion en classe sur les limites des modèles.

"Le modèle n'a pas raison, n'est pas exact, ne se trompe pas ; il n'y a pas de modèle qui soit faux. Mais celui qui use de modèles peut se tromper. Il est entièrement responsable du choix de son modèle et des hypothèses qui le supportent." (J-M LEGAY)

"Le point de vue pourrait être complètement financier et comptable, il pourrait être complètement biologique, il pourrait être celui de flux entrées / sorties. [...] C'est la multiplicité des points de vue et la confrontation des modèles correspondants qui conduisent à la meilleure connaissance du système étudié. C'est comme cela qu'on peut obtenir la meilleure objectivité de la recherche." (J-M LEGAY)

Prenons l'exemple du flux d'azote. Le cheptel (UGB) rejette de l'azote dans ses excréments (rejet N). Une partie de l'azote de ce fumier stocké se volatilise (N volatil stock). L'agriculteur décide de la quantité de fumier (resultat choix) qu'il épandra dans ses champs : une partie de l'azote prélevé dans les prairies leur est alors restitué (apport N brut). Ce fumier épandu sera en partie volatilisé (N volatil sol), en partie lessivé (N lessive). L'application calcule alors la quantité d'azote effectivement restituée (apport N net).

en mauve, valeur entrée par l'utilisateur
en rouge, valeurs calculées par l'application

 

  Valeurs retenues dans l'application
(source Valeurs Dia'terre)
Ministère Agriculture, Pêcheries
et Alimentation (Québec)
Volatilisation de l'azote (NH3) 20% 0 à 75%
Volatilisation de l'azote (N2O) non retenu <5%
Lessivage de l'azote épandu (NO3-) 15% <30%
Ruissellement de l'azote (NH4+) non retenu <10%

Tableau 1 : La construction d'un modèle nécessite des choix induits par le point de vue initial

A partir des données de ce tableau, il est aisé de comprendre que, selon les estimations du Québec, l'apport net en azote épandu peut varier de quelques pourcents à 100 pourcents de l'azote contenu dans les excréments épandus. Comment choisir les valeurs retenues ? Le point de vue retenu (nourrir un maximum d'individus avec un minimum de dépenses énergétiques et de rejet de GES) nous a conduit à retenir les valeurs proposées par SOLAGRO et DIA'TERRE. Valeurs qui ne sont que des moyennes...
Bien entendu, ce n'est qu'un exemple d'incertitude... Des dizaines d'autres variables de l'application sont affectées d'incertitudes plus ou moins importantes qui se cumulent (voir le professeur de mathématiques pour plus d'informations).

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* LEGAY Jean-Marie, L'expérience et le modèle, Un discours sur la méthode, Éditions INRA, Collection Sciences en questions, 1997, 112 p., 6.00€ broché, 3.90€ numérisé.
Ce petit livre, transcription d'une conférence-débat organisée le 24 octobre 1996 à l'INRA, foisonne d'idées à méditer. Il devrait figurer dans la bibliothèque de tous ceux qui s'intéressent à la modélisation en biologie et dans les labos SVT de lycée.

** COLONNA Jean-François, Comprendre l'expérimentation virtuelle jusqu'à ses limites,26/10/2002. Conférence inaugurale du Congrès National des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement Public à Rennes. Consulter en ligne le texte de la conférence.

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